les papiers

henry james

Le livre de Poche, 2015 [1888], 189 p. Traduit de l’anglais par M. Le Corbeiller.

Dans une Venise fantomatique de la fin du 19e siècle, le narrateur,un écrivain apparemment sans gloire, voue une passion démesurée envers un ancien poète, Jeffrey Aspern, mort précocement. Sa quête l'amène à s’installer à Venise pour y rencontrer Miss Juliana Bordereau, une des anciennes maitresses du poète. Cette dame très vieille à présent vit retirée dans un palazzo vénitien délabré, en compagnie d’une nièce qui n’est plus de première jeunesse également. Le narrateur dont on ne connaîtra jamais le nom, parvient à se faire admettre comme pensionnaire dans ce palais, contre beaucoup d’argent. Il pense sans doute pouvoir mettre la main sur les fameux papiers du poète. Mais toute la question est là, ces papiers existent-ils vraiment ? Entre les piètres tentatives de  séduction de la nièce et les manœuvres subtiles d’une vieille dame rouée, le narrateur comprend petit à petit qu’il n’est pas le maître du jeu…

Un court roman qui met en scène un narrateur en proie à sa passion et à ses démons. L’intérêt obsessif qu’il porte à un ancien poète l’amène à une perception trouble et équivoque de la réalité. Un livre psychologique saisissant. L’ambiguïté des situations distille goutte à goutte un sentiment de malaise. Venise, parfaite et immobile, oppresse le lecteur. Un petit bijou !