phalene fantome

michele forbes

Quai Voltaire, 2016, 276 p. Traduit de l’anglais (Irlande) par Anouk Neuhoff

Lors d’un pique-nique au bord de la mer, à une vingtaine de kilomètres de Belfast, la famille de George et de Katherine profite d’un moment de répit alors que les esprits s’échauffent en ville à la fin des années 70.  Mais Katherine sent que quelque chose a changé, elle se sent mal dans son corps ; sa tête la ramène malgré elle à des souvenirs lointains, il y a 20 ans. A cette époque-là, elle faisait partie d’une troupe d’amateurs de théâtre et elle chantait le personnage de Carmen. Alors qu’elle était déjà engagée avec George, elle a vécu une histoire d’amour passionné avec le jeune tailleur un peu bourru qui habillait les artistes. Elle ne pensait qu’à l’instant présent, sans se soucier des conséquences qui seront pourtant tragiques. Vingt ans plus tard, que faire de ces souvenirs, pourquoi surviennent-ils maintenant et quelle épreuve le couple Katherine et George va-t-il encore devoir surmonter ?

L’histoire, il est vrai, est classique mais  Michèle Forbes, grâce à ce va et vient entre le passé et le présente et aussi grâce à son écriture toute en finesse, présente un livre extrêmement lumineux et grave. Les questions des sentiments et du couple, de l’enfance et des violences communautaires sont traitées au travers d’événements quotidiens, sans démonstration. C’est un premier roman très réussi.