du cote de canaan

sebastian barry 2

Folio, 2013, 331 p. Gallimard, 2012. Traduit de l’anglais (Irlande) par Florence Lévy-Paoloni

Lilly Bere est une vieille femme à présent. D’origine irlandaise, elle vit aux Etats-Unis depuis qu’elle est une jeune et n’est jamais revenue sur sa terre natale. Le décès de son petit-fils, douloureux, ravive ses souvenirs d’enfance et lui permet de faire défiler sa vie comme un remède à son deuil. Sa jeunesse d'abord : fille de policier, elle s’engage auprès d’un jeune homme, après la 1ère guerre mondiale, un ami de son frère défunt mort à la guerre. Mais les luttes fratricides se mettent en route à cette époque et Lilly et son fiancé Tagd Bere doivent fuir l’Irlande de toute urgence, un contrat pour les tuer ayant été mis sur leur tête. Quittant sa famille du jour au lendemain, Lilly débarque aux Etats-Unis, la terre de Canaan, avec deux adresses pour tout bagage. Les deux jeunes gens qui se connaissent à peine, s’installent à Chicago dans la remise d’un cousin, au fond d’un jardin. La vie semble de nouveau leur sourire mais c’est sans compter sur la mauvaise fortune, le Destin. Et Lilly sera de nouveau obligée de partir, de fuir mais pour quelle destination ? La vie sera pour Lilly un chemin souvent dur, mais aussi intense et mystérieux.

Sebastian Barry possède un vrai talent de conteur. Il  nous emporte dans cette fresque racontant une vie d’immigrante irlandaise pour qui la vie n’a pas fait vraiment de cadeaux mais dont le caractère fier lui a permis de résister aux épreuves. Un beau portrait de femme également et une dénonciation que cet auteur poursuit dans ce livre, contre les ravages des guerres, tuant physiquement ou psychologiquement des jeunes hommes. C’est extrêmement bien écrit.