antigone a kandahar

joydeep roy

Gallimard, 2015, 355 p. Traduit de l’anglais par Antoine Bargel

Tout commence par une bataille, entre des insurgés et une compagnie américaine dans une base en Afghanistan, perdue aux milieux des montagnes sèches et menaçantes. De chaque côté, des morts et des blessés. Du côté des insurgés, un jeune homme, mort, est récupéré et gardé pour être livré aux autorités à titre de preuve ; du côté des Américains, le lieutenant Frobenius, amateur de textes anciens, et blessé est sur le point d’être rapatrié en hélicoptère. C’est le moment que choisit une jeune femme, en burqa, sur une charrette, pour arriver aux abords de la base américaine et réclamer le corps de son frère, le jeune homme mort, pour pouvoir l’enterrer dignement. Elle attend sous le soleil au milieu des montagnes et des vautours. Dans la base, les avis divergent, le capitaine, le sous-lieutenant, l’interprète tadjik, autant de personnes qui se demandent qui est cette femme, est-elle une terroriste, une sœur éplorée ? et quelles sont ses véritables intentions ?

Un livre à la fois puissant et efficace. Joydeep Roy-Bhattacharya présente la guerre, ses motivations et ses contradictions. Il questionne le pourquoi d’un combat et ses justifications. En privilégiant la multiplicité des points de vue (de la femme, de l’interprète et des soldats), il évite les partis pris et permet de donner la voix à tous les protagonistes de ce combat moderne, qui n’est autre qu’une énième redite de combats plus anciens.