devenir une legende

timothy lane

Stock, La Cosmopolite, 2015, 366 p. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain

Au sujet de la famille Kirkus vivant dans l’Oregon, tout le monde pourra vous dire deux choses : les garçons ont le gène du basket, lancer, dribbler, échapper à leurs adversaires. Mais seconde chose, les Kirkus sont maudits et de génération en génération. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la vox populi. Parce que dans cette charmante ville de Columbia City, les rumeurs, les on-dit, les cancans, ça compte, ça fait et ça défait les réputations. C’est bien ce que se dit Jimmy Kirkus, quand un soir de décembre, il décide de se taper plusieurs fois la tête contre le mur du gymnase jusqu’à saigner et à mettre sa vie en danger. Mais pourquoi a-t-il fait cela ? Son père Todd l’emmène à l’hôpital et Jimmy va une nouvelle fois tenter d’échapper à la nouvelle réputation qu’on est en train de lui faire : de Jimmy le Mou à Jimmy le Kamikaze ? C’est que depuis trois générations, les Kirkus sont diablement bons au basket mais à chaque fois à la porte de l’université avec une bourse payée pour jouer dans l’équipe universitaire et étudier, le destin s’en mêle à chaque fois….

Timothy Lane nous livre un premier roman sur une famille qui tente d’échapper à sa destinée, où chacun a du talent mais le gâche. L’auteur dénonce avec efficacité le regard absurde, voyeur et veule que la société porte sur certains individus avec les dégâts que cela occasionne. C’est sombre mais une lueur d’espoir apparaît au bout du tunnel (à la fin de l’histoire !). Belle dénonciation de la rumeur, des réseaux sociaux, de tout ce qui circule anonyme, sans visage, mais avec force. A lire et à en  discuter avec les ados ensuite !